Les actes valent mieux que de belles paroles…

Lorsque j’étais enfant, j’avais une incapacité à écouter ce qu’on me demandait…
– Marinette, arrête de mordre ta soeur, ça lui fait mal !
– Marinette…arrête de mordre…
– Marinette !!! Mais tu as le diable au corps ! Qu’est ce que je t’ai dit ?!
Et puis un jour ma mère en a eu marre de se répéter…et m’a mordu tandis que j’étais (encore) entrain de mordre ma soeur.
Inutile de vous dire qu’elle fût ma surprise et que depuis ce jour, je ne mords plus…ou tout du moins, plus en présence de ma mère !
Depuis plus de 15 jours, nous avons adopté un petit chat avec chéri-coco. Il est très très sauvage…donc qui se cache beaucoup. Pour tout dire, nous n’avons pas encore eu l’occasion de le caresser, ce qui fait que forcément, nous y pensons moins que si nous avions la chance d’avoir un animal…affectueux (oui, je suis frustrée !) et visible… cependant ceci n’excuse pas le fait que depuis 3 jours, je demande à chéri-coco de lui changer sa litière.
Rien n’y fait jusqu’à ce que je l’entende l’autre jour me crier…
– BABYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYY !!!!! C’est salllllleeeeee !!!! Tu pourrais tirer la chasse d’eau quand tu fais caca !!!!!
– Dis toi que tu es chanceux ! Bastet ça fait 3 jours que tu ne lui a pas tiré la chasse d’eau !
-…
Merci maman pour cet enseignement « Les actes valent parfois mieux que de belles paroles » 🙂

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Dernière lettre à mon parrain

C’était un dimanche matin…après une soirée bien arrosée la veille. Mon téléphone vibre sur la table de nuit. Encore endormie, je l’attrape maladroitement. Un oeil à moitié ouvert, il est 7h, texto de mon père « Ton parrain nous a quitté cette nuit ». Mon coeur se serre. Mon esprit rejette. Il est trop tôt. Je repose le téléphone.
J’ouvre les yeux 3h plus tard. Je savais que ce n’était qu’une question de temps depuis ma visite à l’hôpital 15 jours plus tôt. Le temps ne devait pas être si court. Les médecins avaient parlé de jours, de semaines,…j’espérais des mois. J’avais prévu de t’écrire, régulièrement. Je voulais être une espèce de Shérézade et te donner envie de continuer à te battre. J’étais ta filleule, la personne dont tu prendrais soin s’il arrivait quelque chose à mes parents. Je voulais t’écrire pour que que tu vois à travers mes yeux que la vie valait le coup, comme elle était belle et douce et surprenante. Je voulais aussi gommer ces années d’absences, je voulais que tu apprennes à me connaître, moi à 35 ans. Je ne voulais pas que tes derniers souvenirs soient ceux de l’ enfant gâtée que tu avais connu. A l’hôpital tu m’as dit « Tu te souviens quand tu étais petite je t’ai accompagné pour acheter des chaussures, tu voulais les vernis…la vendeuse t’as dit « c’est plus cher ! »… tu lui as répondu « c’est pas grave, mon parrain il a de l’argent »…voilà le dernier souvenir échangé…alors que je ne suis pas que ça. Tu étais si mince, affaibli,…et en même temps, tellement aimé par ta femme auprès de toi qui te caressais sans cesse la main, qui anticipais tous tes désirs. C’était beau et émouvant.17 ans de mariage. Un deuxième mariage. Un deuxième souffle. Une autre vie quand on n’y croit moins. Tu as été heureux avec elle. Elle t’a offert une famille, qui est devenue tienne, toi qui a été privé d’enfant.
Et puis un dimanche matin, ton coeur s’est arrêté. Peut-être avais tu eu ton compte de bonheur.
Est venu ensuite le moment de te dire adieu. Je suis partie avec papa, tu étais sa dernière famille, avant nous. Tu étais aussi son parrain. Nous avons toi en commun. Je ne voulais pas le laisser affronter ça seul et je voulais te dire adieu. Je n’ai pas eu le courage de te voir au funérarium. Je ne pouvais pas voir ton corps sans vie. Je ne voulais pas que ce soit ma dernière image de toi. Je n’ai pas craqué. J’ai craqué le lendemain à l’église lors de la cérémonie. Je ne suis pas croyante. Je ne crois pas au paradis, je ne crois pas à l’enfer. Je crois en la réincarnation. Mon âme va d’enveloppe en enveloppe. Mon corps n’est qu’un « véhicule ».
Mais étrangement, bien que pour moi, ton esprit était déjà loin, ton corps était tout ce qui me reliait à toi, aux moments partagés, au fait que tu avais eu un rôle dans la vie de tous ces gens, dans ma vie. Ton corps était la preuve, la mémoire de tout ça…Ton corps dans cette boîte. J’ai timidement caressé ton cercueil, comme si tu étais était encore là et que tu pouvais le sentir…et puis comme tout le monde, je t’ai dit…au revoir, pas adieu. J’ai réalisé alors que la vie était courte, que le temps manquera toujours…pour dire aux gens combien on les aime et surtout pour partager du temps avec eux et pouvoir les apprécier à leurs justes valeurs.
Je ne vais plus perdre de temps. En 2015, je passe du temps avec les gens que j’aime parce que le temps filera toujours trop vite.
Très belle année tous, passez du temps ensemble, rien ne vous nourrira plus!