J’ai assisté pour vous…à un battement de cil !

Je vais commencer mon post en reprenant les paroles de Coluche « C’est l’histoire d’un mec…que vous avez déjà surement croisé, l’histoire d’un mec comme vous, comme moi…Un mec qui, le temps d’un battement de cils, a vu sa vie basculer« . Je le présente, il s’appelle Didier. Hier, Didier il avait un job, une meuf, des potes, un appart,…Didier il fréquentait le milieu un peu underground et artistique de Montreuil. Il touchait aussi un peu à la drogue. Ok c’est plus grave que l’alcool mais ça reste une addiction et ça rend dépendant.

Et puis un jour, Didier a perdu son appart et, comme à chaque fois qu’un problème survient, la loi des séries n’est pas loin…Son proprio vend, lui ne peut pas acheter. Sans bulletin de salaire (il travaille au noir), impossible de trouver un autre appart où s’installer avec chien et chat. …et voilà Didier squattant une cage d’escalier…Mais la cage d’escalier est un bien public « faut pas rester là » « il y a des foyers…ah non mais pas avec le chien monsieur »… Son chien, Fox, est épileptique : si Didier ne peut pas l’emmener avec lui quand il travaille (c’est un imposant, mais très gentil, berger malinois), il ne peut pas non plus le laisser dans une cage d’escalier. En cas de crise, il doit pouvoir réagir vite ou laisser son chien dans un endroit où il est en sécurité. Alors il est viré…Au passage, son employeur peu scrupuleux en profite pour « oublier » de lui payer quelques 70h de travail. Didier essaie de se retourner vers ses potes, mais « les gens qui ont la poisse ça attire la poisse »…et puis pour les autres « la vie continue », « faut pas se laisser aller », « c’est un mauvais moment à passer ». Et samedi dernier, alors que nous nous promenions avec mon amie, nous passons devant un SDF avec son chien. Elle m’arrête.
– Putain c’est Didier, je le connais. Il faut que j’aille le saluer.
Nous y sommes allées. Didier était embarrassé « Tout s’est enchaîné…j’ai fait des petits boulots…j’ai un peu squatté chez une fille mais son mec était jaloux, moi je m’en fous, j’avais un toit, mais je voulais pas semer la zizanie alors je suis parti…Non, je suis pas vraiment à la rue, je dors là sous le supermarché…Et là cette petite lucarne tu vois c’est ma fenêtre…Chez Neptune (genre d’Emmaüs) ils veulent bien me prendre mais je peux pas laisser mon chien enfermé là-dedans toute la journée…Il est épileptique tu te souviens ? Je ne vais pas l’abandonner maintenant, c’est mon pote de galère, mon compagnon…Il est tout ce qu’il me reste »
Nous avons discuté, elle lui a donné 20 euros et lui a proposé de venir dîner chez elle, dimanche soir. Une douche et un repas chaud.
Il n’est jamais venu…peut-être est-il déjà trop tard ? Peut-être qu’il ne se sentait pas d’affronter celle qu’il avait connu dans sa vie « avant » ? Peut-être qu’aller dîner au chaud, revivre le temps d’une parenthèse enchantée une vie « comme tout le monde » et retourner dans le froid était trop difficile ? Peut-être a-t’il confondu « en souvenir d’une complicité » avec de la pitié ? Depuis, elle n’a plus de nouvelles.

Ça arrive près de chez moi… à des gens avec qui j’ai une relation en commun… Nous cherchons Didier pour l’aider à se réinsérer. Il est travailleur, il est gentil, juste un peu abîmé par la vie mais encore plein d’envies et confiant. Si vous vivez à Montreuil ou à proximité et que vous avez des vêtements chauds masculins, des plans logements ou du travail, ou simplement de la bonne volonté, des idées pour l’accompagner dans une réinsertion, contactez-moi.
Merci à vous, merci pour lui 🙂

Post écrit à 4 mains, avec mon amie Mme Tralala, qui connaît bien Didier.

SDF Montreuil

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