J’ai lu pour vous… »180 jours » d’Isabelle Sorente !

Si, si, quand on est maman, on arrive encore à trouver le temps de lire…dans les transports en commun, ok comme à peu près tout le monde 😉
Concernée par la cause animale, j’apprécie de lire de temps en temps des ouvrages sur celle-ci. J’avoue, ce n’est pas innocent, c’est souvent une manière détournée de trouver des bouquins à prêter ou à offrir pour sensibiliser le plus de personnes à ma cause.
Certains sont sensibles aux vidéos chocs, aux reportages instructifs, à des échanges,…et puis d’autres à la lecture donc je lis et je partage avec ceux que je pense sensibiliser par ce biais-là…et puis dès fois, comme avec ce bouquin qui se veulent pourtant très factuel, romancé,…je me retrouve à être moi-même entrain de me dire que le végétarisme c’est bien, c’est une première étape mais qu’il va falloir aller plus loin, qu’il va falloir « passer le pas » et s’orienter vers le véganisme. ça ne me réjouit pas, j’adore le fromage et les desserts crémeux. J’adore mes chaussures en cuir mais quand elles vont rendre l’âme, est ce que je vais me faire plaisir et céder à mes habitudes de consommation ou est ce que je vais être empathique et éthique ? Est ce que je vais pouvoir me regarder dans la glace et me dire « C’est bien cocotte ! Tu es cohérente…Aujourd’hui, tu es en paix avec tes idées, bravo. Et bien sûr, en étant maman, toutes ces réfléxions sont encore plus présentes parce que mon enfant est l’adulte de demain, je la prépare à bien penser et bien agir et si je l’habitue tôt, elle ne rencontrera pas les mêmes difficultés au changement que moi, que ma génération…Bref ça cogite et ce livre ne se veut pas moralisateur. Des idées sont lancées et c’est à vous de fermer les yeux ou de commencer à agir.

« 180 jours » d’Isabelle Sorente c’est, comme le dit la dernière de couverture « 180 jours, c’est le temps qui sépare la naissance d’un porc de sa mort à l’abattoir. Ce sont aussi les 6 mois qui font basculer la vie d’un homme« .
WAhou, mais quel synopsis ! J’achète ! Dès les premières lignes, je suis Martin, ce prof de fac, plutôt à gauche, en couple avec Elsa. Tous deux bons vivants et omnivores, comme moi…avant. Avant quand c’était simple et que je n’avais pas croqué dans la pomme. Je me retrouve un peu en lui il y a quelques années. Et puis un jour, un de ses copains lui propose de faire une petite enquête sur un abattoir, il accepte et le voilà, parachuté un matin devant ce portail qui cache les 7 bâtiments.
7 bâtiments qui sont les 7 étapes de la vie d’un porc :
A – La conception avec ces truies vierges prêtes à être inséminées. Ces truies qui ne connaîtront que la pipette.
B – La gestation avec ces mêmes truies, enceintes, enfermées les unes à côté des autres.
C – La maternité…où les mamans truies donnent naissance à leurs petits. Endroit plein de charme puisque les mères sont dans des cages, enfermées, afin de ne pas piétiner leurs petits.
D – Le post-sevrage…où l’endroit ou on castre les mâles, on leur coupe la queue et leur lime les dents afin de ne pas pouvoir se blesser ni blesser leurs compagnons de galère.
E – L’engraissement…Inutile d’en dire plus.
F – L’engraissement, encore…On les gave de nourriture, de vitamines,…le porc doit grossir pour être rentable.
G – Embarquement…Et voilà, c’est la fin. Les mâles partent à l’abattoir et les femelles partent à la conception, jusqu’à ce qu’elles ne puissent plus procréer. Ensuite, elles sont elles aussi abattues.
Réjouissante cette vie de porc d’élevage, non ?

Dans ce livre est également abordé le point de vue des personnes qui travaillent dans ces couloirs de la mort. Ces gens qui machinalement éxécutent ces tâches, sans réfléchir, parce que s’ils se mettent à réfléchir à tout ça, ils deviendraient fous. Ces gens qui baignent toute la journée dans des odeurs de sang, de pisse et de fiente. Ces gens qui développent des maladies pulmonaires, des troubles du sommeil, ces gens qui sont imprégnés des ces images et de ces odeurs…Tant que je mange de la viande, j’oblige mon semblable à avoir cette vie, pourrais-je moi-même le faire ? Qui suis-je pour obliger des gens à côtoyer voir à donner la mort chaque jour pour continuer à me régaler avec mon rôti de porc en famille le dimanche ?
Ce livre aborde tous les angles, celui de l’omnivore, celui de la jeune militantiste végétarienne, celui des porcs, celui des employés, celui du patron,…les gens se cotoyent, se battent et se débattent et moi je ne peux plus fermer les yeux et dire que je ne sais pas.

« Le savoir n’est pas difficile, seule sa mise en pratique l’est.” Proverbe chinois

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